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Face à la menace du biodiesel argentin et dans un contexte de marché fortement dégradé, AVRIL présente un projet de recours à l’activité partielle concernant les sites de production de biodiesel et de trituration en France de sa filiale SAIPOL
06 Oct, 2017

La Direction de SAIPOL a présenté, dans le cadre d’un Comité central d’entreprise extraordinaire réuni ce vendredi 6 octobre à Paris, un projet de recours à l’activité partielle en 2018 concernant ses activités de production de biodiesel et de trituration en France.
Ce projet doit permettre à SAIPOL d’adapter temporairement sa production à une situation de marché fortement dégradée et menacée par l’arrivée massive de biodiesel argentin sur le marché européen, tout en préservant l’emploi. La présentation de ce projet signifie l’ouverture des discussions avec les représentants du personnel et le lancement d’une procédure d’information-consultation.
La baisse marquée de la production concernerait, à compter du mois de février 2018, l’ensemble des 5 usines d’estérification de SAIPOL en France : Grand-Couronne (Seine Maritime), Bassens (Gironde), Le Mériot (Aube), Montoir-de-Bretagne (Loire Atlantique) et Sète (Hérault), ainsi que les activités de trituration sur plusieurs de ces sites.

- Menace insurmontable du biodiesel argentin -

Alors que SAIPOL et le marché français des biocarburants subissent depuis 2015 une dégradation persistante des conditions économiques et réglementaires de marché, l’application par la Commission européenne depuis le 28 septembre dernier d’une réduction drastique1 des droits antidumping de l'UE sur le biodiesel argentin aggrave considérablement la situation. D’autant qu’au même moment, les Etats-Unis ont mis en place, au titre des règles antisubventions, des droits de douane dissuasifs à l’encontre de ce même biodiesel argentin, rendant impossible son exportation vers ce pays.
Ce contexte rend indispensable l’adaptation immédiate de la production de SAIPOL à la baisse marquée des commandes et à la déstabilisation du marché d’ores et déjà causées par la réouverture du marché européen au biodiesel argentin. Cela afin de préserver la compétitivité et l’avenir des activités de trituration, d’estérification et de vente de biodiesel issu de la filière agricole française, et l’emploi qui lui est associé.
En l’état, la décision de la Commission, associée aux taxes différentielles mises en place par l’Argentine sur ses exportations de biodiesel – ce qui équivaut à les subventionner à hauteur de près de 27 %2 –, lève tout obstacle à l’importation massive en Europe de biodiesel argentin. Elle donne à celui-ci un avantage compétitif auquel la filière française du biodiesel et SAIPOL en particulier ne peuvent pas faire face. Le biodiesel argentin est désormais vendu sur le marché européen à un prix nettement inférieur au prix de l’huile végétale de soja utilisée pour le produire (jusqu’à 60 dollars d’écart) et à un prix équivalent voire légèrement inférieur au prix de l’huile brute de colza utilisée pour produire le biodiesel en France.
Cette décision, qui s’ajoute à une situation actuelle de surcapacité de production et de sous-activité des unités de biodiesel et de trituration de SAIPOL, a entraîné une chute significative de ses ventes de biodiesel depuis la fin août et pourrait causer une baisse de moitié du volume de sa production en 2018 (par rapport à 2017).
En l’absence de contre-mesure efficace de l’UE, environ 1,75 Mt de biodiesel de soja (ester méthylique de soja) serait importé chaque année en Europe, dont – en année pleine – 1 Mt en France, au détriment du biodiesel de colza européen (ester méthylique de colza). Ceci dès à présent puisque les premiers cargos argentins arrivent déjà dans les ports européens.

Les conséquences subies par SAIPOL seraient sans appel :

  • la production d’ester de colza pourrait être inférieure à 700 Kt en 2018 contre 1,3 Mt en 2017, représentant une sous-activité d’environ 60 % ;
  • les unités de trituration seraient également impactées, avec un volume d’environ 2,5 Mt de graines triturées en 2018 contre 3,5 Mt en 2017, soit un recul de 1 Mt environ, induisant une sous-activité de près de 30 %.

En l’absence de contre-mesure efficace, la filière française ne sera pas à même de faire face à cette concurrence déloyale, d’autant plus que : les droits antidumping de l'UE sur le biodiesel indonésien (huile de palme) pourraient eux aussi être réduits, levant tout obstacle à l’importation massive de biodiesel en provenance d’Indonésie ;

  • le développement sur le marché européen des huiles végétales hydrotraitées (HVO) pour la production de biodiesel s’accélère, favorisé par le développement des importations à moindre coût d’huile de palme et l’ouverture prochaine d’une unité de production de biodiesel HVO à La Mède (Bouches-du-Rhône) ;
  • la Commission européenne prévoit, dans le cadre d’un projet de révision de la Directive européenne sur les énergies renouvelables (RED-II) dont l’adoption est prévue début 2018, de réduire de moitié entre 2020 et 2030 la part des biocarburants de 1re génération dans les transports – celle-ci serait alors fixée à un maximum de 3,8 % en 2030, alors qu’en France elle atteint actuellement jusqu’à 8 %.

Ce projet de recours à l’activité partielle n’entame en aucun cas la détermination du groupe AVRIL et de sa filiale SAIPOL à poursuivre la production de biodiesel, énergie renouvelable contribuant à la transition énergétique, et à préserver et développer ce débouché pour les productions oléagineuses françaises.

1 Ces droits se situent désormais entre 4,5 % et 8,1 %, contre des taux de 22 % à 25,7 % instaurés en novembre 2013.
2 L’Argentine a mis en place des droits d’exportation différentiels sur sa production de biodiesel : ce pays applique une taxe de 27 % sur les exportations d’huile de soja et de seulement 0,13 % sur celles de l’ester qui en est issu, ce qui équivaut à subventionner à hauteur de 26,87 % les exportations de cet ester.

*** Contact presse :
Tom Doron 01 78 14 80 09 / 06 26 28 39 94 tom.doron@groupeavril.com

A propos de Saipol :
Filiale du groupe Avril, Saipol produit et commercialise en France des huiles végétales raffinées destinées à l’alimentation humaine, des tourteaux riches en protéines pour l’alimentation animale, du biodiesel sous la marque Diester® incorporé à hauteur de 7 à 8 % dans le gazole de l’ensemble des véhicules du parc diesel en France, et de la glycérine végétale utilisée dans de nombreuses applications industrielles.

A propos du groupe Avril :
Avril est l’acteur industriel et financier des filières françaises des huiles et des protéines.
Fondé en 1983 à l'initiative du monde agricole pour assurer des débouchés pérennes aux productions françaises, Avril est aujourd'hui un groupe industriel et financier majeur qui se développe en France et à l'international.
Il est présent dans des secteurs aussi diversifiés que l'alimentation humaine, la nutrition et les expertises animales, les énergies et la chimie renouvelables, à travers un portefeuille de marques fortes, leaders sur leurs marchés : Diester®, Sanders, Lesieur, Puget, Matines, Bunica, Taous…
En près de 35 ans, le Groupe a changé de dimension mais sa raison d'être est restée la même : créer durablement de la valeur dans les filières des huiles et protéines, contribuant ainsi à une meilleure alimentation des Hommes et à la préservation de la planète.
Pour remplir sa mission, Avril s'appuie sur ses activités industrielles, organisées autour des filières végétales et des filières animales, ainsi que sur son métier d’investisseur, qu'il exerce à travers Sofiprotéol, sa société de financement et de développement.
En 2016, le groupe Avril a réalisé un chiffre d'affaires de 5,9 milliards d'euros. Il compte 7 200 collaborateurs répartis dans 21 pays.

Pour en savoir plus : www.groupeavril.com | Twitter : @Avril.