1973-1983

Lancement de la filière française des huiles et protéines

1962

Négociations commerciales multilatérales du « Dillon Round ». Un Accord exonère de droits de douane l'importation en Europe de graines et de tourteaux de soja. Il entraîne une « déferlante » du soja américain sur tout le « Vieux Continent ».

1973

En juin, une sécheresse exceptionnelle fait chuter brutalement la production de soja aux Etats-Unis. Le gouvernement américain décrète alors un embargo sur l'exportation de graines et de tourteaux de soja, provoquant une flambée des cours. En France comme en Europe, les agriculteurs prennent conscience de leur dépendance extrême envers le soja d'outre-Atlantique.

« Pour que le Plan Protéines aboutisse, il fallait que la filière soit unie. Telle est la raison d’être des interprofessions. »

Jean-Claude Sabin,
président de Sofiprotéol de 1983 à 2000

Le soja américain

Cultivé pour ses graines oléagineuses, le soja représente la deuxième huile alimentaire consommée dans le monde après l’huile de palme. Riche en protéines, le tourteau issu de la trituration de ses graines est également le principal produit employé pour l’alimentation animale dans les élevages. Au début des années 1950, les Etats-Unis s’imposent comme le premier producteur mondial et exportent massivement vers l’Europe. A la suite de l’embargo de 1973, les pays d’Amérique Latine, notamment le Brésil, développent activement leurs productions afin de réduire leur dépendance vis-à-vis du soja nord-américain. 

1974

Un ambitieux Plan Protéines est lancé en France sous la houlette d’un jeune syndicaliste agricole, Jean-Claude Sabin, avec l’appui des Pouvoirs publics. L’objectif est de mettre en place une véritable filière française des huiles et protéines végétales. Le Plan favorise l’augmentation des productions de colza, de tournesol, de pois, de lin et de féveroles. Des recherches sont menées par l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) pour créer de nouvelles variétés de colza. 

1976-1978 « L’union fait la force ! »

Deux organisations interprofessionnelles sont créées, l’Union nationale interprofessionnelle des plantes riches en protéines (UNIP) en 1976, et l’Organisation nationale interprofessionnelle des graines et fruits oléagineux (ONIDOL) en 1978. Elles regroupent les professionnels de la production, de la commercialisation, de la transformation et de l’utilisation des oléagineux.

"La défaillance du CNTA est un coup dur pour les producteurs français d’oléagineux dont le principal débouché, soudain, se ferme."
Gérard Tubéry, président de la Fédération française des producteurs d’oléagineux (FOP) et de protéagineux depuis 2011

Le CNTA

Maison de courtage en graines fondée en 1948, le Comptoir national des techniques agricoles (CNTA) s’impose comme l’outil industriel de la jeune filière française des huiles et protéines. Dans les années 1970, il est l’un des acteurs clés du Plan Protéines. Il acquiert des huileries et des usines de trituration de graines dans le Nord de la France et s’intègre en amont (semences) et en aval (production de tourteaux et d’huiles brutes) de la filière. Il devient, aux côtés de Lesieur, l’un des tout premiers groupes industriels français dans le secteur des oléagineux.

Création de Sofiprotéol

1983

Le CNTA connaît de graves difficultés. Victime d’effets de change sur les marchés internationaux, gérant des unités industrielles aux performances inégales et confronté à un tragique accident dans sa nouvelle usine de trituration de Bordeaux, il dépose le bilan en 1983, provoquant une véritable effervescence au sein de la filière dont il absorbe l’essentiel des productions. Les interprofessions décident alors de créer un fonds financier pour le renflouer.

Des actionnaires ancrés dans les territoires

Dès sa création, Sofiprotéol compte parmi ses actionnaires de nombreux acteurs du monde agricole, qu’il s’agisse de producteurs d’oléagineux ou de représentants des interprofessions. Partenaires économiques de Sofiprotéol, ils approvisionnent la filière et sont attachés à son ancrage national. Liée aux ressources et aux acteurs locaux, Sofiprotéol implante donc ses unités de transformation au cœur des bassins de production. Non délocalisables, les activités du groupe participent ainsi à la croissance durable de l’économie française. 

11 mai 1983, fondation de Sofiprotéol

La nouvelle société se veut l’acteur financier de la filière française des huiles et protéines végétales.  Les interprofessions y jouent un rôle clé. 

Un duo aux commandes

Installée avenue George V à Paris, Sofiprotéol compte 5 salariés en 1983. La petite équipe est présidée par Jean-Claude Sabin. La direction générale est confiée à Philippe Tillous-Borde, ingénieur agronome spécialiste des investissements industriels. Ensemble, ils dirigeront la société pendant près de vingt ans.

"Le projet porté par les dirigeants de la filière et par Jean-Claude Sabin avait l’avantage de proposer une solution viable permettant d’assurer l’avenir de la filière oléagineuse."
Henri Nallet, conseiller de François Mitterrand pour les questions agricoles de 1981 à 1985, ministre de l’Agriculture de 1985 à 1986 et de 1988 à 1990