1983-1993

Une organisation originale

1984

Sofiprotéol reprend quatre usines de trituration du CNTA : Bordeaux, Dieppe, Chalonsur- Saône et Chauny. Il en confie l’exploitation au géant agroalimentaire belgo-argentin Bunge. Divers autres actifs sont repris, dans le domaine des semences (participation dans Rustica) ou le conditionnement d’huiles alimentaires (Oliprovence).

L’accord avec Bunge était une vraie alliance réservant à Sofiprotéol le financement des investissements et à Bunge la gestion industrielle des actifs. 

Philippe Tillous-Borde, directeur général de Sofiprotéol de 1983 à 2012

 

Années 1980. Sofiprotéol multiplie les prêts et les investissements dans des entreprises ou organismes en amont comme en aval de la filière oléoprotéagineuse : semences, organismes stockeurs, outils de trituration, alimentation animale, alimentation humaine, oléochimie.  Loin de répondre à des objectifs purement financiers,  ces opérations  visent à accompagner le développement de la filière et apportent de la valeur ajoutée à ses productions.

Nos investissements répondaient à un vrai projet de développement de la filière. Sofiprotéol s’est posée d’emblée comme le partenaire de tous les acteurs du secteur. 

Yves Delaine, directeur des engagements de Sofiprotéol de 1983 à 2012

"Aucune politique de filière efficace n’était possible sans un outil de trituration. C’est ce qui nous a amené à reprendre les actifs industriels du CNTA"
Jean-Claude Sabin, président de Sofiprotéol de 1983 à 2000

Dans le cadre de son partenariat avec Bunge, Sofiprotéol met en place un schéma original. La gestion des usines est confiée à Comexol, une société contrôlée par Bunge. Comexol est elle-même contrôlée par Saipol, société de patrimoine propriétaire des sites industriels. 

Sofiprotéol en est l’actionnaire majoritaire aux côtés de Bunge. Au sommet de l’édifice, une société holding, Soprol, assure à Sofiprotéol le contrôle de Saipol.

1984

Prise de participation majoritaire dans Oliprovence. 

1985. Lancement par Oliprovence d’une marque d’huiles à goût baptisée « Jardin d’Orante ». Pour la première fois, Sofiprotéol s’engage dans les produits de grande consommation. Participation à un programme d’extension pour atteindre une capacité supplémentaire de stockage des grains de 2,5 millions de tonnes.

Les biocarburants

Les biocarburants sont produits à partir de matières organiques non fossiles, comme les végétaux. Dès la naissance de l’automobile, des essais sont menés afin de faire fonctionner les moteurs avec de l’huile d’arachide ou de l’alcool de grains. Mais ces expériences sont abandonnées en raison du faible coût du pétrole. Les chocs pétroliers de 1973 et de 1979 réactivent l’intérêt des industriels pour les biocarburants. Des programmes de recherche sont menés un peu partout dans le monde pour l’utilisation de l’éthanol (alcool éthylique) ou de l’ester (mélange d’huile végétale raffinée et d’alcool) de colza.

1989

Inauguration d’une usine spécialisée dans la trituration de tournesol, de colza et de soja à Sète, édifiée en collaboration avec le groupe belge Vandemoortele.

Inauguration à Venette d’un atelier-pilote destiné à produire des esters méthyliques d’huiles de colza. Très vite, des expérimentations en grandeur réelle sont menées sur la flotte de camions et de tracteurs de la Fédération régionale des coopératives agricoles de Champagne-Ardennes. Couronnées de succès, elles démontrent la viabilité de l’ester de colza et son efficacité environnementale.

Couronnées de succès, les premières années de Sofiprotéol ont démontré la capacité des professionnels de la filière à se prendre en main.
Gérard Tubéry, président de la FOP

1987

En quête de débouchés pour le Colza français, boudé par les consommateurs et encore peu présent dans l'alimentation animale, l'Onidol lance avec l'Institut Français du Pétrole (IFP) les premières études en vue de la création d'un biocarburant élaboré à partir d'esters méthyliques de colza. C'est le début de l'aventure du Diester.

1988

Prise de participation dans Robbe, filiale de la firme agroalimentaire française Louis-Dreyfus.  Spécialisée dans l’oléochimie, elle dispose d’une unité de fabrication à Venette, près de Compiègne.

Lancement de la marque Diester

1991

Inauguration d’une ligne de trituration de soja à Bassens, près de Bordeaux. 

L’Union Européenne alloue une enveloppe de 300 millions de francs sur la période 1991-1995, destinée à soutenir des projets innovants dans le domaine des utilisations non alimentaires des produits agricoles, notamment les biocarburants.  

1993

Le 30 avril, le président de la Commission Européenne, Jacques Delors, inaugure à Compiègne l’usine de production de Diester de Sofiprotéol. D’une capacité annuelle de 20 000 tonnes, elle marque pour le Diester, le début de l’âge industriel.

 

1990

Le Diester était un pari dont nous avons jeté les bases en partant de rien.  Il a fallu des mois de travail pour mettre au point des procédés efficaces de raffinage et de catalyse. 

Georges Vermeersch, directeur « Innovation et développement » de Sofiprotéol de 1983 à 2011

 

1992

 Les autorités françaises autorisent l’incorporation de biocarburants à hauteur de 5 % – jusqu’à 30 % pour les flottes captives.

Cette usine est le fruit d’une collaboration exemplaire entre les agriculteurs, leurs organisations professionnelles et les institutions publiques.

Jacques Delors, président de la Commission Européenne, lors de l’inauguration de l’usine Diester de Compiègne, en 1993

Réforme de la P.A.C.

1992

Sofiprotéol plaide avec succès pour qu’une partie des terres laissées en jachère puissent être utilisées pour produire des plantes à usages non alimentaires, et notamment du colza destiné à la fabrication de biocarburants. Les autorités soutiennent le projet au nom de l’efficacité environnementale et de l’aménagement du territoire.

1993

Sofiprotéol inaugure une grande usine de trituration de colza et de tournesol à Grand Couronne, près de Rouen. D’une capacité de production de 360 000 tonnes, elle est gérée par Bunge. Le site alimente également la nouvelle usine de Diester que Sofiprotéol établit à Grand Couronne.

La jachère

Historiquement, la jachère est une terre que l’on laisse en repos – donc sans culture – afin de permettre la régénération du sol. Avec la réforme de la PAC en 1992, le terme prend un sens différent : il désigne une mesure destinée à limiter la surproduction de certaines cultures, notamment les céréales. En échange d’une compensation financière, les agriculteurs doivent geler un certain nombre de terres sur lesquelles aucune culture n’est possible